Les symboles et l’esthétique de Jack White | Episode 2

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TRUTH DOESN’T MAKE A NOISE

– Les symboles et l’esthétique de Jack White –

par Adeline Arénas


Les groupes et leurs couleurs : Jack White, metteur en scène inspiré

Une des particularités de Jack White est que chacun de ses groupes possède une esthétique particulière, qu’il s’agisse des costumes des musiciens, des concerts ou même des clips.

Cette marotte de la mise en scène et d’attribuer une couleur distinctive à chaque projet commence très tôt. Dès qu’il possède son propre magasin de tapisserie, White lui attribue les couleurs jaunes et noires, ainsi que le symbole du 3 en chiffres romains. Par la suite, en fondant son propre label puis en bâtissant son magasin-studio-salle de concert à Nashville (en 2009), Jack White conservera ces couleurs et ce sigle – légèrement modifié. L’homme a de la suite dans les idées.

J’ai déjà évoqué les White Stripes. Au delà de leurs trois couleurs, tout l’univers du groupe repose sur l’enfance. Et donc, la batterie de l’adorable Meg White est peinte pour ressembler aux bonbons peppermint que les soi-disant frère et sœur (en réalité ex mari et femme) échangeaient quand ils étaient enfants… Tous les clips, les guitares de Jack, les vêtements des deux musiciens, sont colorés de rouge, blanc et/ou noir. Le spectateur est plongé dans un spectacle à la fois minimaliste et visuellement efficace. The White Stripes, groupe cartoonesque, « le plus faux et le plus vrai du monde », selon un journaliste…

Les groupes suivants de White subiront également une mise en scène. Moins visible chez les Raconteurs, peut-être, supergroupe où quatre musiciens possèdent chacun une identité très forte. Durant la première tournée, le « R » stylisé peint par le batteur Patrick Keeler, accroché au fond de la scène, rappelle à qui nous avons affaire. Rien de plus, cela dit. White trouve quand même le moyen de recouvrir de cuivre sa guitare, son ampli et ses pédales d’effets…

De façon générale, les Raconteurs donnent l’image de cowboys-troubadours un peu mélancoliques… si on se fie à leurs pochettes.

The Dead Weather, en revanche, fait preuve d’une débauche d’images et si le côté « gothique » de White s’était furtivement laissé apercevoir auparavant dans ses autres groupes, il s’affirme véritablement ici. Tous les membres des Dead Weather sont habillés en noir, et le fond de la scène est recouvert, sur la seconde tournée, d’un œil inquiétant. Occultisme nous voilà ! Les pochettes des deux albums, Horehound et Sea of Cowards, reflètent cet aspect dangereux, maléfique. Contrairement aux White Stripes, les Dead Weather ne sont pas un groupe pour enfants et le font clairement savoir. Les références au gothique et au cinéma abondent, notamment sur la batterie de White, ornée pendant la première tournée des trois dames vampires du Dracula de Tod Browning.

 

Avant de passer à son projet solo, je voudrais remarquer que même les groupes et artistes produits par Jack White ont une esthétique – imaginée par notre homme, bien entendu. On se souvient de l’album de Wanda Jackson, The Party Ain’t Over, et de sa pochette rose… Couleur arborée par les musiciens qui accompagnaient la chanteuse de rockabilly. Dirigés par White qui assurait notamment les parties de guitare, tous étaient vêtus de très chics vêtements roses et noirs pour l’occasion.

Sans parler des Black Belles – le premier qui ose affirmer que White n’a pas monté ce groupe de toutes pièces sort d’ici – : quatre jolies sorcières vêtues de noir aux clips inspirés de vieux films d’horreur de série B.

Quant à l’album solo de Jack White, Blunderbuss… Sa couleur dominante est le bleu. La pochette, les clips, la scène, les costumes des musiciens, tout porte la marque de cette couleur. Elle est communément associée à la mélancolie et, dans certaines cultures, à la mort – thèmes récurrents de cet album. Et la mise en scène est folle, non ? Un groupe de musiciens (The Buzzards) et un groupe de musiciennes (The Peacoks) accompagnent notre héros. Il choisit le matin, selon ses dires, quel groupe va jouer avec lui le soir même. Et attention, la classe est de mise. Les hommes comme les femmes sont extrêmement bien habillés, de bleu, noir et/ou blanc. Un vrai petit orchestre qui suit White où il le désire. La meilleure illustration, si on veut un résumé de tout cela, demeure la prestation de Jack avec ses deux groupes aux Grammys 2013.

Retrouvez l’épisode 3, mercrecdi prochain !





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